Les Ardennes Belges

Journal de bord

3 amis sur les chemins de l'Ardenne Sauvage

On se l’était promis lors de notre dernière soirée, un peu sauvage, comme l’Ardenne : rendez-vous ce jeudi matin, sans anticiper la météo, pour prendre un café. Il est tôt. J’en prendrai deux.

Je suis ravi à l’idée de partager ce projet avec ces deux vieux camarades des Beaux-Arts. On inaugure notre première sortie tous les trois dans une brasserie que j’imagine assez touristique en pleine saison. Ce bureau improvisé me plait. Il me change agréablement de mon habituel « open-space » du centre-ville.

Martin déplie une vielle carte sur la table. Il sort ce papier élimé avec le même naturel que les étiquettes des bouteilles de vin qu’il nous déniche de sa cave. Et je souris en observant nos trois smartphones, posés comme de vulgaires presse-papiers, contrastant avec la décoration faussement rustique du lieu.

Par chance, la journée est prometteuse. Le ciel est nuageux mais pas trop menaçant. La lumière est intéressante. Nous traçons une ébauche d’itinéraire pour la journée. Et je me demande si je ne prendrais pas un troisième café.

Bois de la Cedrogne, Houffalize

La voiture méthodiquement embourbée au bord de la route, nous pénétrons dans le bois de la Cedrogne. Le matériel de prise de vue est réparti équitablement, ou presque. En tout cas, après beaucoup d’échanges de politesse… Après quelques kilomètres de marche, rythmés par des échanges sur la place de l’Homme au sein de la Nature, nous nous rapprochons d’un tronc creux.

Julien s’installe pour coucher un premier croquis. Sourire aux lèvres, je reconnais sans peine l’incroyable regard qu’il avait déjà lors de nos séances de croquis académiques.

Vallée de Martin-Moulin, Nadrin

Quelques kilomètres avant notre prochaine destination, Martin arrête brusquement la voiture. S’il n’est pas visible de la route, le ru de Martin-Moulin coule au travers du Bois Saint-Jean. Nous le longions par une petite route.

Une étendue d’eau s’y réserve et son potentiel graphique ne nous déçoit pas. A peine quelques mètres en contre-bas, nous nous imaginons sans peine aux abords d’un lac perdu dans les profondeurs de la forêt. La magie ardennaise fournit de la matière à l’imaginaire.

Le lieu semble idéal pour établir un camp, mais les nuées d’insectes nous rappellent que ce territoire est déjà bien occupé.

Hérou, Vallée de l’Ourthe

En prolongeant sur la rue du Hérou, nous nous enfoncerons au cœur des plus beaux méandres de l’Ourthe. Ce chemin est connu de nombreux amateurs de randonnée, mais, ce matin, le parking de l’étape est presque vide.

Alors que nous faisons le point sur le matériel à emporter, mon regard tombe enfin sur la coque noire qui protège le drone. Merveilleux ! Notre point de vue pourra s’affranchir de la gravité. Je jubile à l’idée de me venger des engins téléguidés de mon enfance qui n’ont jamais tenus leurs promesses…

L’itinéraire balisé qui se présente à nous n’est pas sans peine. L’inclinaison est raide, le sol accidenté, la végétation dense… Nous parvenons pourtant sans trop de difficultés à un premier promontoire. L’ouverture sur la vallée creusée par la rivière est pleine de perspectives. Quel sentiment de liberté !

Ces rochers ont certainement été façonnés pour accueillir notre apéritif. Entre deux bourrasques de vent et quelques poignées de cacahuètes, nous survolons un couple de canoës. Il s’agit d’une espèce peu farouche assez facile à approcher.

Vue d’en haut, la végétation présente des matières étonnantes qui donnent envie de les toucher. Pour Julien, la difficulté sera d’en rendre le volume par contraste de couleurs.

Pour ma part, je parviens à oublier la pénible remontée qui s’en suivra immanquablement…

Bernistap, Houffalize

En sautant, non pas notre diner, mais le récit de notre repas en terrasse, nous terminons maintenant notre journée par une étape au barrage des castors.

C’est incroyable comment ces rongeurs métamorphosent le paysage. Ils sont parvenus à inonder jusqu’à la petite voie bitumée qui mène au village.

Alors que nous nous pensions hors du temps, un coup de fil met un terme à ce périple ardennais. Martin posait au mieux son boitier au bord de l’eau, mais le bébé qui agrandira sous peu sa famille s’annonce. Il doit à présent se préparer pour une autre aventure. La vie regorge de projets, jamais très loin de l’Ardenne sauvage…

A propos de cet article

Auteur : Arnaud Matagne
Images : © Martin Dellicour & Arnaud Matagne - Dessins : © Julien Englebert

Share this article

Post a message

Printemps de pluie et de brumes

3 amis

Suivre le projet

Partenaires de cette aventure :

  • Wallonie
  • DGO3
  • Wallonie Tourisme
  • Festival Nature Namur
  • Forêt.Nature